En septembre, fêtons le hérisson d’Europe avec Sceve (suite)
le hérisson est la mascotte de France Nature Environnement car l'animal est le signe d'une biodiversité en bonne santé
Pendant longtemps, le hérisson a été considéré comme une espèce nuisible car on lui reprochait de manger les œufs des oiseaux qui pondaient au sol. Diverses légendes donnent une mauvaise image de l’animal. Depuis 2007, le regard de la société a changé en raison des services qu’il rend. Mais son adaptation à l’environnement actuel est problématique. En ville, nous pouvons contribuer à sa protection.
Cet article est lié au projet de FNE - Septembre, la fête du hérisson. Sceve participera à cette démarche en animant un stand le 13 septembre dans le parc Berthe Morisot et en participant au festival Boutons d’art le 14 septembre aux Groues.
Des indices préoccupants
La durée de vie normale du hérisson est de 7 à 10 ans. Mais actuellement, quatre hérissons sur mille atteignent l’âge de sept ans et seulement un sur dix mille l’âge de 10 ans. En effet, de nombreuses menaces pèsent sur la vie du hérisson : la route et les voitures qui tuent environ 10.000 hérissons par an en France, les pesticides qui empoisonnent sa nourriture ou la font disparaitre, les parasites comme les puces et les tiques, les maladies infectieuses, les noyades dans les piscines et les détritus qui peuvent l'étouffer.
Sans oublier bien sûr ses prédateurs naturels comme le blaireau et le hibou grand-duc. Dans nos jardins, il est nécessaire de surveiller les chiens et les chats au moment des naissances car les petits n’ont pas de piquants pour les protéger. La LPO signale également qu’un chien peut infliger des blessures mortelles à un hérisson adulte.
Une vie ponctuée de dangers
Les dangers recensés peuvent être regroupés sous quatre rubriques : fragmentation des habitats, destruction des ressources alimentaires, pollution chimique et dangers liés aux activités humaines.
le hérisson peut être vu pendant la journée et n'hésite pas à s'approcher des maisons. Photos : Michel Chantereau et Maurice Richard
Fragmentation des habitats
En dehors des villes, le hérisson subit la disparition de ses axes de déplacement et de ses lieux de vie comme les haies et les bosquets. De plus, les infrastructures routières engendrent une multiplication du risque de collision avec les véhicules automobiles. Les collusions routières sont la première cause de décès des hérissons.
En ville, les clôtures et les murets sont les principaux obstacles aux déplacements des hérissons. Ils les empêchent de rejoindre les lieux où ils peuvent se nourrir ou s’accoupler. En limitant les échanges entre individus, l’isolement des populations créent des problèmes de brassage génétique et de survie des populations fragiles.
Destruction des habitats et des ressources alimentaires
Les hérissons ont besoin de trouver des espaces dans lesquels ils trouveront des insectes pour se nourrir, des herbes et des feuilles pour construire un nid, des zones calmes pour l’hibernation.
La présence de haies permet de répondre à leurs besoins ; des espaces de jardin laissés à l’état de nature sont également propices. Une zone non fauchée à travers le jardin, au pied de la haie ou de la cabane de jardin semble facile à aménager.
Pollution chimique
L’interdiction de l’emploi des pesticides par les jardiniers amateurs a diminué le risque d’empoisonnement des hérissons. Néanmoins, les produits encore utilisés pour se débarrasser des limaces représentent encore un risque élevé pour l’animal : même si le hérisson possède une capacité de résistance élevée aux toxines, il est très sensible à une molécule présente dans les produits anti-limaces. Le métaldéhyde ingéré directement ou indirectement par la consommation de proies mortes peut lui être fatal.
Pièges et dangers liés aux activités humaines
Lors de ses déplacements, le hérisson peut rester bloquer dans un grillage à mailles fines ou dans une cavité aux parois lisses telle qu’un regard de gouttière. Dans un potager, il peut être piégé dans un filet de protection des cultures.
Il est conseillé de mettre à disposition du hérisson des coupelles d’eau régulièrement changée mais il faut s’assurer qu’elle ne présente pas de risque de noyade pour l’animal en installant une rampe qui permet d’en sortir. Le même conseil concerne les propriétaires de piscine.
Après le rotofil, un risque récent est apparu avec l’usage des robots qui tondent les pelouses. Ce risque s’ajoute aux blessures ou au dérangement des hérissons par les travaux d’enlèvement à la fourche des feuilles mortes.
une femelle donne naissance à cinq petits en moyenne dans un nid constitué de feuilles, d'herbes et de branches. Photos LNE D. Chevrier.Photo A Tréchaud
Les bonnes pratiques pour accueillir les hérissons
Il faut d’abord se rappeler que le hérisson n’est pas un animal domestique et qu’il ne peut être détenu. Le nourrir n’est pas conseillé ; le lait ou les croquettes ne sont pas adaptées à son métabolisme.
Ensuite, il faut accepter que cet animal discret et nocturne ne soit pas facilement observable même si des aménagements sont mis en place comme des arbustes, des tas de feuilles sèches et de branches ou un point d’eau.
La découverte d’un hérisson en plein jour ne signifie pas que l’animal est en difficulté. Il faut savoir que le hérisson ne dort pas en boule mais couché sur le côté. En cas de dérangement, la femelle va quitter le nid même si des petits sont présents. En général, il faut s’abstenir de toute intervention. En cas de doute ou de blessures, contacter un centre de soins pour animaux sauvages.
En résumé, un jardin accueillant pour le hérisson ne sera pas hermétiquement clos. On y trouvera des zones buissonnantes avec des herbes hautes et des feuilles et des branches mortes entassées. Les pesticides ne seront pas utilisés même contre les limaces et les escargots. Un point d’eau complètera ces aménagements.
En période de fortes chaleurs, le hérisson est en difficulté en raison de la soif et de la raréfaction de ses proies. Pour s’adapter, le hérisson est capable d’entrer en léthargie. Une petite cachette peut lui être aménagée sous la forme d’un tunnel d’une vingtaine de centimètres de diamètre à l’abri d’arbustes.
Pour aller plus loin, il est possible d’aménager un gîte à hérisson. Il existe plusieurs modèles plus ou moins sophistiqués. Le journal La hulotte en a proposé deux : le tas de bois truqué dans son numéro 40 et la cabane à Niglo dans son numéro 77.
Un schéma de construction avec des bûches est présenté dans un guide « Aider et accueillir le hérisson d’Europe » mis à disposition par la LPO sur son site.
Les croyances anciennes et les connaissances actuelles
Le hérisson nourrit les légendes depuis longtemps.
Dans l’Égypte ancienne, le hérisson était doté de vertus protectrices et il était représenté dans les tombeaux. Dans l’Empire romain, le hérisson était accusé de voler les fruits. Il se mettait en boule puis les transportait sur ses piquants.
Depuis le Moyen-Âge on l’accuse de boire le lait au pis des vaches. On sait maintenant que son museau et ses dents rendent cette « tétée » impossible. De nos jours, on peut voir des coupelles de lait disposées pour nourrir des hérissons. Cette pratique est déconseillée : les petits hérissons ont besoin du lait d’un animal carnivore (le chat par exemple) et le lait de vache provoque des diarrhées chez l’adulte car il ne peut pas le digérer.
Par contre, la présence de puces sur le hérisson est scientifiquement confirmée. Il s’agit d’une puce spécifique au hérisson que l’on retrouve rarement sur les chiens. Le hérisson est aussi importuné par des tiques et des parasites internes dont il convient de se protéger en limitant les contacts.
Rédaction Jean-Louis Charleux
31 août 2025
les dessins ont été réalisés pour illustrer les affichettes préparées par Sceve pour les stands des 13 et 14 septembre
Les sources utilisées dans les deux articles
La hulotte n° 40 et n° 77
Le hérisson – Vincent Albouy et Marie-Dominique Devinck
Le hérisson d’Europe – Philippe Jourde
Sauve qui pique ! Les cahiers techniques … de la Gazette des Terriers - CPN
Aider et accueillir le hérisson d’Europe – Mission hérisson – Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO)
À la rencontre du hérisson – Jeux et activités – France Nature Environnement (FNE)
Les dessins sont de Monique Perraudin
Les photos proviennent de la photothèque de Loiret Nature Environnement (LNE) - en couverture photo de D. Cnocquart
Centre de soins à Combreux : APUS-APUCES en appelant le 06 77 81 11 22 ou par SMS
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