Les oiseaux dans le quartier Dunois Observations des oiseaux des parcs et jardins en 2026
Depuis 2010 l’association SCEVE participe aux comptages hivernaux de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux).
En janvier 2026 nous avons partagé les observations avec des riverains du Parc Berthe Morisot. Après cette phase d’observations, nous avons décidé de poursuivre les observations jusqu’en juin.
Nous avions remarqué qu’après les froids et l’arrêt du nourrissage, la fréquentation des oiseaux dans les jardins était moins importante et surtout différente. Nous voulions savoir si les espèces les plus fréquentes en janvier le restaient encore au printemps et aussi quels oiseaux quittaient le quartier et quels migrateurs arrivaient pour nicher.
Les observations de janvier à juin 2026 :
- 7 observateurs
- 48 séquences d’observation sur 6 mois dont une dans le quartier des Groues,
- 24 espèces d’oiseaux observées,
- 153 oiseaux au total.
La séquence la plus fréquentée a eu lieu le 24 janvier. Ce jour-là se sont présentées 12 espèces différentes avec un total de 27 oiseaux dans un jardin des venelles favorable à la biodiversité : plus de 1 000 m², un poulailler et de grands arbres.
Les oiseaux les plus fréquents
Le pigeon ramier a été vu 36 fois, en groupes de 1 à 8 individus observés en même temps. On le voyait plutôt en isolé dans les jardins, se nourrissant à terre. On le voit maintenant en couple et en petits groupes. Au printemps les pigeons sont friands des fruits des cerisiers et des amélanchiers et ils se manifestent par des numéros d’équilibristes bruyants sur les branches bien trop petites pour leur poids.
Le merle noir, 33 observations, avec de 1 à 3 individus par observation. Sa population avait baissé (maladie), elle semble bien réinstallée dans le milieu urbain et nous pouvons apprécier très régulièrement le chant des merles qui anime notre paysage sonore.
La mésange charbonnière, vue 29 fois en petit groupe de 1 à 6 individus. Elle niche elle aussi dans nos jardins et il n’est pas rare de voir un couple de parents nourrir leurs 3 à 4 petits. La mésange charbonnière est le passereau le plus répandu en France. Pour la LPO elle est l’espèce la plus fréquemment observée et vient en second après le moineau dans les espèces les plus abondantes.
En ce qui concerne l’observation de ses cousines, la mésange bleue a été mentionnée 9 fois, une diminution qui se confirme par rapport aux années précédentes et la mésange noire aperçue 3 fois avec un groupe exceptionnel de 8 individus. De son côté l’orite à longue queue n’est pas mentionnée alors qu’elle figurait dans les observations passées (voir infos « plumes » 2 sur les mésanges)
Vient ensuite la Pie bavarde observée 22 fois avec, à chaque fois 1 seul individu, sauf à Sonis où les arbres et la grande pelouse favorisent sa présence (jusqu’à 4). La pie se rapproche de la ville et niche de plus en plus en milieu urbain. Son nid est présent dans l’imagerie populaire comme un nid placé haut, trop grand et mal organisé. Pourtant on le sait moins, il n’est pas rudimentaire, il est surmonté d’un dôme protégeant les petits et muni de 2 ouvertures, une pour entrer, une pour sortir sans froisser la longue queue des parents.
Le moineau domestique est l’espèce la plus abondante au niveau national. Le « Pierrot des villes », grégaire et sédentaire, vit et niche souvent en bande. Dans nos observations il est rarement seul mais ne constitue plus de grands groupes. Il ne figure que 21 fois sur les 48 séquences de comptage. On a pu noter une petite bande de moineaux, au plus 5 individus, qui profitent en permanence des graines d’un poulailler.
Des oiseaux qui « prennent de la place »
L’étourneau sansonnet a été très présent en janvier-février (vus 12 fois), toujours en petit nombre. Dans les venelles, à deux endroits différents, des couples d’étourneaux ont pris la place de moineaux pour nicher sous des rebords de toits. Après la nidification, les étourneaux quittent les villes et c’est plutôt à l’automne qu’ils forment des bandes impressionnantes de milliers d’oiseaux.
La tourterelle turque fait partie elle aussi des oiseaux observés régulièrement (vu 12 fois). Les couples sont en nombre croissant.
La corneille noire (vue 10 fois). Nous avons observé des individus isolés en recherche de nourriture qui survolent les jardins avec « l’œil exercé » d’un pilleur de nids ou de poubelles. Son régime omnivore l’amène à fréquenter les régions urbanisées. La présence de grands arbres lui est indispensable pour construire son nid, ce qu’elle arrive à trouver dans le quartier. Des études ont montré que cet oiseau est peut-être le plus intelligent du monde animal.
Dans la famille des corvidés comme la pie et la corneille, nous avons observé le geai des chênes (vu 4 fois). C’est un oiseau farouche plutôt forestier qui se pose de plus en plus dans les arbres des petits jardins de ville. En dehors des séquences d’observation où il a été vu seul, il est signalé en couples dans le quartier depuis 2 ans.
Beaucoup moins fréquents nous avons eu en janvier la visite d’un pic épeiche et plus tard quelques excursions d’un pic vert en quête de fourmis et de vers de terre sur un espace herbeux. Ces deux pics sont communs dans le Loiret, leur milieu est plutôt celui de la forêt pour le pic épeiche et celui des clairières pour le pic vert, mais leur présence en ville n’étonne plus.
Des petits passereaux absents au printemps
En janvier l’accenteur mouchet a été vu 2 fois, le troglodyte mignon 1 fois, et le verdier 4 fois, ces chiffres sont plus faibles que les années passées et nous n’avons pas revu ces oiseaux depuis fin janvier. De son côté le chardonneret élégant (vu 4 fois) ne s’est plus manifesté depuis le 24 février.
Lors des comptages de janvier, nous avions remarqué la présence du rougegorge familier (10 observations), mais depuis le 21 mars il est lui aussi absent de nos comptages. Cet oiseau très territorial et commun a une population composée de sédentaires et de migrateurs (présents d’octobre à mars-avril). Aussi il est difficile de dire si nous avons vu des oiseaux sédentaires ou des migrateurs partiels.
Comme le rougegorge, le pinson des arbres est très commun dans le Loiret (vu 12 fois) et comme lui il peut être mêlé à des migrateurs partiels de son espèce. Dans nos comptages, des pinsons sont notés régulièrement jusqu’au 13 juin. Nous pouvons penser que ces oiseaux ont niché et sont donc sédentarisés.
Présence des migrateurs
L’hiver
Certains oiseaux viennent jusqu’à nous en hiver pour trouver une nourriture qui leur fait défaut là où ils nichent, c’est le cas d’oiseaux d’Europe du Nord et d’Europe centrale voire même de Sibérie.
Cette année nous attendions le tarin des aulnes et le pinson du nord mais ils ne figurent pas dans nos relevés. Par contre un observateur a vu un groupe de 5 grives mauvis début janvier dans le secteur sauvage des Groues. La grive mauvis n’a pas encore été signalée dans notre milieu urbain.
Migration partielle
Des populations d’oiseaux observées toute l’année dans notre région sont rejointes en hiver par des congénères nordiques. C’est ainsi que le gros bec casse noyaux, la mésange noire, le rougegorge familier, sédentaires dans le Loiret peuvent être observés en hiver mêlés à des populations venues d’Europe du nord.
Le printemps
D’autres oiseaux viennent au contraire au printemps pour nicher et élever les petits qui repartiront avec eux. Les martinets noirs sont des grands migrateurs qui habitent notre ciel d’avril à août (infos « plumes » 4).
Le rougequeue à front blanc est lui aussi un grand voyageur, il vient du sahel où la sécheresse restreint sa population. Il a été observé une seule fois dans le quartier, sortant d’un nichoir bien occupé.
En petit effectif également, le rougequeue noir qui vient du sud de l’Europe et du Maghreb. Ce petit passereau niche habituellement à proximité immédiate de l’activité humaine, mais ce printemps, il n’a été observé que 2 fois, en avril et en juin.
Enfin la fauvette à tête noire a été notée 3 fois, On l’entend souvent sans la voir, sa silhouette est discrète mais on ne peut pas manquer son chant flûté et puissant.
Quant aux hirondelles de fenêtres, elles ne font plus partie de nos observations depuis 2015.
Des observations, pour quoi faire ?
Nos observations montrent que le quartier reste fréquenté par les oiseaux mais aujourd’hui par des espèces qui ont une forte présence et qui ont tendance à augmenter comme les pigeons et certains corvidés, tandis que les observations de petits passereaux diminuent en nombre et en variété.
Cette tendance est récente et nos comptages avec 7 observateurs ne sont qu’indicatifs. Ce n’est qu’en poursuivant les observations que nous saurons s’il s’agit d’une transformation profonde.
Malgré tout, les oiseaux vivent et profitent du milieu urbain. S’ils peuvent s’y nourrir et s’y reproduire, c’est sans doute que la ville n’est pas le pire endroit pour eux et que nos comportements ne leur sont pas tous défavorables.
En attendant d’en savoir plus, observons-les et facilitons leur vie, car leur nombre diminue et pour certains, leur disparition du quartier est en train de s’affirmer.
Rédaction Monique Perraudin 13 juillet 2026
Merci à ceux qui nous ont fourni des photos
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